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Appel Urgent n° 330 : Thaïlande - L'injustice Triumph
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L'un des leaders mondiaux de la lingerie, le groupe Triumph a fermé une usine thaïlandaise et annoncé un licenciement massif dans une seconde. Rien de plus "classique" en temps de crise... Sauf que dans le même temps, les effectifs augmentent chez d'autres sous-traitants. Et que, curieusement, les usines touchées sont précisément celles où les ouvriers s'étaient organisés en syndicat pour faire valoir leurs droits. Le tout dans un contexte de répression policière et de criminalisation de celles et ceux qui osent exprimer leur mécontentement.
Les organisations thaïlandaises en appellent donc à la solidarité internationale.
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En temps de récession économique, on le sait, les entreprises restructurent, licencient et repensent leurs investissements. Ce que l’on sait moins, c’est que certaines multinationales tentent d’utiliser la crise pour se débarrasser de syndicats “gênants” sur leurs lieux de production. La firme allemande Triumph invoque ainsi la récession économique comme raison pour fermer une usine thaïlandaise et licencier la moitié des employés d’une seconde, où des syndicats étaient implantés. Pourtant, au même moment, les effectifs d’autres usines sous-traitantes de cette marque augmentent. Le tout dans un contexte de répression anti-syndicale : alors qu’ils manifestaient pacifiquement contre cette décision devant le parlement thaïlandais, les ouvriers de ces usines ont été réprimés de manière violente par les forces de police, et trois représentants syndicaux sont aujourd’hui menacés d’arrestation.
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« Inspirés par l’héritage familial, nous respectons les normes éthiques et sociales les plus élevées (...) »(1). Tel est l’engagement public de Triumph, multinationale de lingerie fondée en Allemagne il y a plus de 120 ans. Avec un chiffre d’affaires de près de 2,5 milliards de francs suisses en 2007 (soit environ 1,6 milliard d’euros), plus de 43 000 employés à travers le monde, 1 620 points de vente et la distribution d’autres marques comme Sloggi, Valisere ou HOM, la société allemande est un des leaders mondiaux de la confection de sous-vêtements. Rien de plus normal qu’une entreprise de cette taille s’engage, via un code de conduite, à respecter les droits des travailleurs qui fabriquent ses produits. Dès lors, comment expliquer que des ouvriers thaïlandais qui avaient constitué des syndicats représentatifs dans leur usine se retrouvent soudain à la porte, sans négociation préalable, alors qu’au même moment d’autres usines non syndiquées sous-traitantes de la marque voient leur effectif augmenter ?
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Des milliers de licenciements irréguliers
En mai 2009, un fabricant de Triumph en Thailande, Worldwell Garment Company, ferme en mettant l’ensemble de ses employés à la porte, sans verser le dernier salaire ni les indemnités de licenciement. Le 29 juin, c’est au tour de l’usine Body Fashion Thailand, filiale de Triumph, d’annoncer le licenciement d’environ la moitié de ses 4 200 employés. Dans les deux cas, la direction de Triumph n’a conduit aucune négociation transparente et anticipée avec les syndicats, comme l’exigent pourtant les normes internationales(2) du travail auxquelles la société se réfère dans son code de conduite(3).
Interpellée sur ces fermetures soudaines, la marque allemande invoque une réduction de la demande des consommateurs engendrée par la récession économique mondiale. D’où la “nécessité” pour Triumph de « réduire la production afin de s’aligner sur les commandes des clients et de répondre aux besoins d’une bonne gestion des affaires »(4). Mais selon les organisations syndicales locales, l’objectif réel de Triumph est d’entraver la syndicalisation dans ses usines. En effet, en même temps qu’elle ferme les départements et les usines dans lesquelles les syndicats sont les plus forts, la firme augmente la production dans une autre usine sous-traitante du nord du pays, où aucun syndicat démocratiquement élu n’est implanté...
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